SEED-ED : Découvrir la biodiversité en mettant la science en pratique

SEED-ED : Découvrir la biodiversité en mettant la science en pratique

Comment les étudiants peuvent-ils transformer les connaissances scientifiques acquises à l'université en actions concrètes au service de la société ? SEED-ED, une initiative collaborative entre l'Université de Montpellier et le Trinity College de Dublin, invite les étudiants à se pencher sur cette question à travers les plantes et les insectes, qu'il s'agisse des collections vivantes des jardins botaniques ou des fossiles témoignant des écosystèmes d'il y a des millions d'années. En associant l'apprentissage par les défis, la communication scientifique et la sensibilisation du grand public, le projet encourage les étudiants à mettre leur expertise au service des enjeux actuels liés à la biodiversité.

En savoir plus

L'idée initiale du projet

Ce projet est né d’une initiative collaborative entre l’Université de Montpellier et le Trinity College de Dublin. Artemis Anest (maître de conférences à l’Université de Montpellier), alors qu’elle dispensait un cours spécialisé sur l’architecture végétale – une approche botanique développée à Montpellier notamment grâce aux travaux du botaniste Francis Hallé –, a remarqué que les étudiants se posaient de plus en plus la question de savoir comment mettre en pratique les connaissances acquises à l’université pour relever des défis concrets, tels que la préservation de la biodiversité. Artemis a décidé de montrer aux étudiants qu’ils n’avaient pas besoin d’attendre d’entrer dans la vie active pour apporter leur contribution. Même à petite échelle, ils peuvent d’ores et déjà passer à l’action et mettre à profit leurs connaissances scientifiques pour contribuer à construire l’avenir qu’ils souhaitent voir se réaliser. Avec son collègue Thibault Durieux, alors doctorant en fin de cursus au Trinity College de Dublin, elle a lancé un projet CHARM-EU avec un objectif central : aider les étudiants à s’engager dans la société et à utiliser leurs connaissances scientifiques comme levier pour la conservation de la biodiversité. Artemis et Thibault ont développé deux initiatives parallèles à l’université de Montpellier et au Trinity College de Dublin, chacune s’appuyant sur leur propre expertise scientifique et celle de leurs étudiants.

S'enraciner dans les plantes fossiles…

Au Trinity College de Dublin, Thibault a réuni des étudiants en master, des doctorants et des chercheurs postdoctoraux en paléobotanique afin d’étudier comment rendre les collections de fossiles accessibles et pertinentes pour le grand public, et comment ces fossiles pourraient aider à comprendre les défis écologiques actuels. Après avoir exploré toute une série de formats possibles, l’équipe de jeunes paléobotanistes s’est mise d’accord sur une idée à la fois créative et réalisable : un jeu d’évasion. À travers les fossiles, les participants apprendraient comment les scientifiques reconstituent les périodes géologiques passées, enquêteraient sur les raisons de la disparition des organismes et découvriraient comment des changements environnementaux majeurs ont, à maintes reprises, remodelé tant la surface de la Terre que ses organismes vivants. Plutôt que de se contenter de présenter les fossiles comme des objets issus d’un passé lointain, cette activité les transforme en preuves pouvant nous aider à comprendre comment les écosystèmes réagissent aux changements environnementaux.

…et s'étendre aux usines modernes

À Montpellier, les étudiants inscrits au cours « Architecture végétale » mettent en pratique les concepts appris en classe pour identifier un enjeu scientifique ou de gestion lié à une plante poussant au jardin botanique de Montpellier. Travaillant par deux, les étudiants choisissent une question en lien avec leurs propres intérêts professionnels : « Comment l’histoire évolutive de cette plante peut-elle nous aider à préserver son avenir ? » ; « Cette espèce pourrait-elle constituer un arbre urbain adapté aux conditions climatiques futures ? » Après avoir mobilisé leurs nouvelles connaissances pour répondre à cette question, ils sont confrontés à un deuxième défi : traduire leur analyse scientifique en un contenu accessible aux visiteurs n’ayant pas de formation spécialisée. Leurs textes finaux sont destinés à être exposés de manière permanente à côté des plantes du jardin botanique de Montpellier.

Deux panneaux pédagogiques réalisés par des étudiants de l'université de Montpellier et exposés en permanence à côté des plantes qu'ils ont étudiées au Jardin botanique de Montpellier.

Transformer les résultats d’une réflexion scientifique ou managériale en contenu capable de véritablement captiver un grand public n’est pas une mince affaire. Pour relever ce défi, les étudiants ont eu l’occasion de travailler avec des professionnels expérimentés dans le domaine de la communication scientifique. Ils ont notamment bénéficié du soutien de Jean-François Fauveau, responsable adjoint des opérations horticoles et graphiste au Jardin botanique de Montpellier, qui s’occupe des événements et de la communication au sein de cette institution. Il a aidé les étudiants à rendre leurs messages clairs, concis et accessibles au public le plus large possible.

Jean-François Fauveau, responsable adjoint des opérations horticoles et graphiste au Jardin botanique de Montpellier

Se développer à l'échelle de CHARM-EU

SEED-ED a réuni les équipes de Montpellier et de Dublin dans le cadre d’un webinaire en ligne organisé par Artemis et Thibault. Des étudiants des deux universités ont présenté leurs projets, comparé leurs approches et discuté de la manière dont des objets scientifiques très différents, allant des plantes vivantes aux collections de fossiles, pouvaient être utilisés pour sensibiliser un public plus large à la biodiversité et aux changements environnementaux. Le webinaire était ouvert à l’ensemble de l’Alliance CHARM-EU, élargissant ainsi l’échange au-delà des étudiants directement impliqués dans le projet. Grâce à cette ouverture, il a également permis à d’autres étudiants de découvrir SEED-ED et les différentes façons dont ils pouvaient y participer. Ce premier échange interuniversitaire a eu un impact direct, puisque plusieurs étudiants ayant découvert le projet lors du webinaire lancent aujourd’hui de nouveaux projets associés, qui permettront de poursuivre et d’étendre l’initiative en 2027.

Diffuser les idées : des étudiants partagent leurs travaux à l'échelle internationale

Le projet SEED-ED ne s’est pas limité aux frontières des deux universités partenaires. Grâce au soutien de CHARM-EU, les étudiants ont également eu l’occasion de faire connaître leurs travaux à l’échelle internationale. Quatre étudiants de Montpellier et de Dublin participant au projet SEED-ED ont bénéficié d’un soutien pour présenter leurs travaux lors de la 62e réunion annuelle de l’Association for Tropical Biology and Conservation (ATBC 2026) à Jinghong, en Chine. Deux étudiants de Montpellier ont bénéficié d’un soutien supplémentaire de la part de l’ambassade de France en Chine et de l’Institut virtuel sino-français pour la biodiversité CAS-CNRS. Ils ont participé à un atelier organisé par Artemis intitulé « Initiatives d’éducation et de sensibilisation à la biodiversité tropicale : une session pratique collaborative », qui a réuni des scientifiques du monde entier afin d’échanger des idées et des expériences concrètes sur la manière dont les connaissances scientifiques peuvent se traduire en actions concrètes en faveur de la biodiversité. Pour les étudiants, cela a signifié passer du statut de simples participants à un cours universitaire à celui de contributeurs à un débat international sur la science, l’éducation et la sensibilisation à la biodiversité.

Elian VUILLEMOT, Raphaëlle AUBRY, Hugo BONNAUDET, les étudiants de Montpellier accompagnés d'Artemis ANEST à l'ATBC 2026.

Les graines de l'avenir

Grâce au soutien de CHARM-EU, cette initiative a également attiré l’attention d’autres organisations scientifiques et de conservation. Le Jardin botanique tropical de Xishuangbanna et la Société britannique d’écologie, par l’intermédiaire des revues *Journal of Applied Ecology* et *Methods in Ecology and Evolution*, ont soutenu un atelier qui a permis aux étudiants du programme SEED-ED de visiter le jardin botanique et de découvrir par eux-mêmes comment la recherche, la conservation, l’éducation et l’engagement du public peuvent être combinés. Le projet a déjà commencé à donner lieu à de nouvelles collaborations allant au-delà de ses objectifs pédagogiques initiaux. Les échanges initiés par le biais de SEED-ED ont contribué à la rédaction d’un article scientifique actuellement en cours de préparation pour le Journal of Applied Ecology. Ce qui a commencé par une simple question – « Comment les élèves peuvent-ils mettre à profit ce qu’ils apprennent pour contribuer à la société ? » – s’est ainsi transformé en un réseau reliant élèves, chercheurs, jardins botaniques et organisations scientifiques internationales. Des plantes fossiles aux collections vivantes, SEED-ED montre qu’apprendre les sciences, c’est aussi apprendre à les partager, à les remettre en question et à les mettre en pratique.

Matheus Sanches, du Trinity College de Dublin, présente son initiative de sensibilisation lors de l'ATBC 2026, à Jinghong, en Chine.

ÇA VOUS INTÉRESSE AUSSI ? DÉCOUVREZ LES OPPORTUNITÉS !

Souhaitez-vous apporter votre contribution à SEED-ED ?

Avez-vous un groupe taxonomique préféré que vous aimeriez mettre en avant pour susciter l'intérêt des étudiants et du grand public ? Des collections botaniques, de fossiles ou d'autres éléments liés à la biodiversité que vous aimeriez mettre en valeur au sein de votre propre établissement ? Ou souhaiteriez-vous mettre vos étudiants en relation avec d'autres étudiants de l'Alliance CHARM-EU ?

N'hésitez pas à nous contacter !

Les étudiants intéressés par la biodiversité, la communication scientifique ou la vulgarisation sont également invités à rejoindre SEED-ED et à développer leurs propres projets avec des pairs issus d’autres établissements ! SEED-ED a pour vocation de se développer grâce à l’arrivée de nouveaux étudiants, de nouvelles collections, de nouvelles disciplines et de nouvelles collaborations institutionnelles.

Liste des ressources

Quelques publications d'étudiants sur LinkedIn à propos de SEED-ED :

VOUS SOUHAITEZ METTRE EN RELATION DES ÉTUDIANTS DE DIFFÉRENTS ÉTABLISSEMENTS AUTOUR DU THÈME DE LA BIODIVERSITÉ ? CONSULTEZ NOS GUIDES !
Étape Action 
1. Commencez par votre région.Réunissez les étudiants désireux de travailler sur une question liée à la biodiversité et en rapport avec une collection, un groupe taxonomique ou un thème scientifique disponible au sein de leur établissement.
2. Transformez une question scientifique en un sujet accessible au grand public.Demandez aux élèves d'approfondir cette question en s'appuyant sur leurs connaissances scolaires, puis mettez-les au défi de transposer ce qu'ils ont appris dans un format de vulgarisation accessible, tel qu'un panneau pédagogique, un jeu ou toute autre ressource destinée au grand public.
3. Ouvrez la bourse.Invitez l'ensemble de la communauté CHARM-EU à participer à la discussion. Cela permettra aux nouveaux étudiants et collègues de découvrir cette initiative, d'apporter leur expertise et de développer de nouveaux projets en lien avec celle-ci.

Les ingrédients clés sont simples ! L'implication des élèves, un thème commun autour de la biodiversité et du temps consacré aux échanges inter-établissements.

Bénéficiez du soutien de CHARM-EU !

Si vous souhaitez bénéficier de l'aide de CHARM-EU, veuillez nous contacter via le formulaire en indiquant votre nom, votre affiliation et une brève description de votre demande.

À propos de cette ressource

Partagez-le !