Photo : Chiara Castelletti (à gauche), Pawel Burkhardt (à droite). En recourant à des techniques de modélisation de pointe pour numériser les espÚces marines et leur environnement, le Centre Michael Sars et ses partenaires s'attachent à étudier les défis auxquels est confrontée la vie marine dans un océan en mutation. à gauche, une larve d'ascidie ; à droite, le systÚme nerveux d'une cténaire.
Les enjeux Ă plusieurs Ă©chelles nĂ©cessitent la mise en place et le renforcement de partenariats afin de mettre en commun les expertises et dâamĂ©liorer notre capacitĂ© collective Ă relever les dĂ©fis de notre Ă©poque. GrĂące Ă des collaborations avec ses voisins proches de lâUniversitĂ© de Bergen, le Centre Michael Sars vise Ă dĂ©velopper une vision globale des systĂšmes vivants marins dans un ocĂ©an en mutation, Ă travers de nouvelles initiatives en matiĂšre de recherche, de formation, dâenseignement et dâinnovation.
Vers des modĂšles prĂ©dictifs des systĂšmes vivants marinsÂ
Le Centre Michael Sars s'associe à l'Unité de biologie computationnelle (CBU)et augroupe d'écologie théoriquedudépartement de biologiepour lancer un ambitieux projet à long terme. S'appuyant sur des données expérimentales et des représentations numériques d'organismes marins dans leur milieu naturel, ce nouveau projet vise à prédire les réactions de ces organismes face à la variabilité océanique.
« Face Ă lâintensification de la pression anthropique sur les Ă©cosystĂšmes marins, nous avons dĂ©cidĂ© de mettre en commun notre expertise collective en matiĂšre de systĂšmes molĂ©culaires, de modĂšles computationnels et de biosciences environnementales afin dâĂ©tudier les enjeux environnementaux urgents », explique Lionel Christiaen, directeur du Centre Michael Sars. « En collaborant, nous souhaitons caractĂ©riser les interactions complexes entre la biodiversitĂ© marine et la variabilitĂ© ocĂ©anique Ă diffĂ©rentes Ă©chelles spatiales et temporelles, du niveau molĂ©culaire Ă celui des populations. »
« Face Ă lâintensification de la pression anthropique sur les Ă©cosystĂšmes marins, nous avons dĂ©cidĂ© de mettre en commun notre expertise collective en matiĂšre de systĂšmes molĂ©culaires, de modĂšles computationnels et de biosciences environnementales afin dâĂ©tudier les enjeux environnementaux urgents »â Lionel Christiaen
Des bases de niveau mondial en biologie molĂ©culaire marineÂ
Les changements mondiaux ont un impact sur un environnement dĂ©jĂ variable auquel les animaux marins n'ont cessĂ© de s'adapter, comme en tĂ©moignent leurs schĂ©mas Ă©volutifs. AxĂ© depuis sa crĂ©ation sur la biologie Ă©volutive, le Centre Michael Sars a dĂ©veloppĂ©, au fil des dĂ©cennies, une expertise dans l'Ă©tude des forces motrices de ces processus, depuis les mĂ©canismes cellulaires et molĂ©culaires complexes jusqu'au comportement animal.Â
Les chercheurs du Centre participent Ă plusieurs projets de recherche collaboratifs visant Ă Ă©tudier la maniĂšre dont les communautĂ©s marines s'adaptent Ă leur environnement. Parmi ceux-ci figurent leconsortium paneuropĂ©en Deuteronoise, qui Ă©value lâimpact de la pollution sonore sur les invertĂ©brĂ©s marins, un projet sur leseffets quantitatifs de la pĂ©nurie alimentairesur la croissance et la reproduction des anĂ©mones de mer, menĂ© en collaboration avec la CBU et le dĂ©partement de mathĂ©matiques, ainsi quâune Ă©tude sur lesfondements chimiques des interactions Ă©cologiques chez les concombres de mer, Ă laquelle participe le dĂ©partement de chimie. « Ces Ă©tudes illustrent lâimportance des approches multidisciplinaires qui permettent aux communautĂ©s universitaires locales de sâattaquer conjointement Ă des enjeux scientifiques urgents dans le domaine des sciences de la vie », explique Christiaen. « Elles nous encouragent Ă rĂ©orienter notre stratĂ©gie et Ă travailler ensemble pour aborder des questions dâune plus grande envergure. »
Rassembler la communauté
La CBU rassemble des thĂ©oriciens issus des sciences de la vie, de l'informatique, des mathĂ©matiques, de la physique et de la chimie. Les activitĂ©s de recherche menĂ©es au sein de cette unitĂ© sont axĂ©es sur le dĂ©veloppement et la mise en Ćuvre de mĂ©thodes de calcul innovantes, ainsi que sur leurs applications dans le cadre de la recherche de rĂ©ponses Ă des questions biologiques fondamentales.
Pour Nathalie Reuter, directrice du CBU, ce nouveau projet sâinscrit dans une longue histoire de coopĂ©ration entre les deux centres. « Compte tenu de lâimportance des milieux marins et des dĂ©fis Ă venir, il est tout Ă fait naturel que le CBU souhaite renforcer sa collaboration avec le Centre Michael Sars », dĂ©clare-t-elle. « Nous pensons que tirer parti de nos solides compĂ©tences en biologie quantitative et en modĂ©lisation constitue un vĂ©ritable atout lorsquâelles sont associĂ©es aux capacitĂ©s expĂ©rimentales exceptionnelles du Centre Sars. »

Tim Lynagh et Pawel Burkhardt, responsables du groupe « Michael Sars Centre », ont inauguré le Symposium Michael Sars 2025.
Photo : Marion Lebouvier
Pour lancer cette initiative,lâĂ©dition 2026 du Symposium Michael Sarsest co-organisĂ©e avec la CBU sur le thĂšme « Les systĂšmes vivants dans un ocĂ©an en mutation ». RĂ©unissant des experts locaux et internationaux, cette rencontre offrira une plateforme permettant de tisser des liens, dâĂ©changer des idĂ©es et de favoriser les collaborations interdisciplinaires. Â
Par ailleurs, ce consortium naissant a pour ambition de crĂ©er un centre dâexcellence (SEAstem), codirigĂ© par Lionel Christiaen et Nathalie Reuter, et dĂ©diĂ© Ă la comprĂ©hension et Ă la modĂ©lisation de la vie marine dans un ocĂ©an en constante Ă©volution, Ă une Ă©chelle sans prĂ©cĂ©dent. En formant la prochaine gĂ©nĂ©ration de leaders dans le domaine des sciences de la vie marine, lâinitiative SEAstem renforcera la capacitĂ© de la communautĂ© Ă anticiper et Ă relever les dĂ©fis futurs, quâil sâagisse de connaissances fondamentales, dâengagement du public ou dâorientation des politiques. Â
Source originale de cet article : https://www.uib.no/en/michaelsarscentre/182250/what-future-marine-life-changing-world